CRITIQUES

Lucie Geffroy Lire, juillet 2008 / août 2008: Dans son dernier ouvrage, Alexandre Najjar fait revivre une civilisation méconnue... Lire l'article.

LE MONDE DES LIVRES, 07.08.08: Lorsqu'un Libanais raconte la naissance de la civilisation phénicienne sur la côte du Levant, la résistance de Tyr devant Alexandre le Grand, il est souvent soupçonné de vouloir mettre en cause l'arabité du Liban. Ce n'est absolument pas le propos d'Alexandre Najjar dans Phénicia, un beau roman mêlant Histoire et fable.

A Athènes, le philosophe Zénon fait revivre pour son disciple Apollonios la figure de sa mère, Elissa, une Tyrienne. C'est l'occasion, pour Alexandre Najjar, d'un magnifique portrait de femme. Elissa est une jeune fille attachée à conquérir sa liberté. Comme son père, qui ramasse sur les plages le murex, ce coquillage qui teint en pourpre, elle aime la mer. Elle nage loin, "vers l'horizon", avec "une sensation de plénitude, l'impression d'être à l'abri du monde, libre, délicieusement libre".

Son père accepte de la laisser partir en voyage avec son oncle, jusqu'à Carthage. A leur retour, Tyr est assiégée par Alexandre le Grand - elle se rendra en 332 avant J.-C., après sept mois de combat.

Alexandre Najjar fait alterner le récit des assiégeants et celui des assiégés. S'il faut voir dans ce texte une allusion au Liban d'aujourd'hui, c'est certainement dans les propos d'Elissa qu'il faut la chercher, dans l'obstination à défendre son existence et sa liberté.

Mais Alexandre Najjar sait se garder de tout manichéisme. Et, du point de vue d'Alexandre le Grand, il donne à voir les enjeux et les mécanismes de la conquête. Les incertitudes aussi : "Pour la première fois depuis longtemps, Alexandre sentit le doute le gagner. Il n'aimait pas cette sensation : elle lui donnait l'impression de ne plus être tout à fait maître de son destin, d'être toujours fragile malgré la gloire et les honneurs dont il s'était couvert."

Elissa est une combattante. Elle a été comme galvanisée par l'idée de tenir tête au puissant roi de Macédoine. Mais elle finit par comprendre, et c'est le sens profond de ce livre, que "la guerre n'est pas une aventure, mais une tragédie".

Le Figaro, Jean-Claude Perrier, 16 juillet 2008: « Phénicien lui-même puisque Libanais, Alexandre Najjar a choisi cet épisode dramatique de l’histoire de son pays pour composer un roman à plusieurs niveaux : on y lit à la fois les tribulations d’Elissa, l’aventurière partie se trouver un mari à Carthage, colonie phénicienne qui laissera pourtant mourir Tyr, trahie de surcroît par ses « sœurs » Sidon et Byblos ; des reconstitutions fidèles d’une Antiquité que Najjar connaît bien ; et, surtout, une allégorie du Liban actuel, toujours vaincu parce que divisé, autrefois entre cités rivales, aujourd’hui entre communautés et religions. « Il n’est pire que le ver qui nous ronge de l’intérieur », dit à un moment le père d’Elissa. Il avait tristement raison. Alexandre Najjar, avocat, journaliste et écrivain, célébrant un moment symbolique de son histoire nationale, fait dire à Zénon : « Le cœur de la Phénicie n’a pas cessé de battre ». Puisse-t-il continuer, libre et uni ».

LIRE, (Eté 2008) : « Dans une écriture limpide, l’écrivain décrit les sept mois du siège de Tyr avec un goût prononcé pour la précision historique et la stratégie militaire (…) Au-delà de l’aspect romanesque et historique, Phénicia se lit comme un vibrant hommage à Tyr. En bref : comme un exercice de réappropriation d’un incroyable patrimoine, trop longtemps ignoré ».

Lucie Cauwe, Le Soir (Belgique), 27 juin 2008 : « Une histoire qui se lit avec grand plaisir, les mots du passé éclairant le présent ».

Isabelle Monnart, Dernière Heure (Belgique), 20 juin 2008 : «Auteur à l’imagination débordante, Alexandre Najjar est aussi avocat, responsable du supplément L’Orient littéraire. Dans Phénicia, il se penche sur le passé de son pays et nous fait découvrir avec talent le peuple phénicien ».

Cosmopolitan, juillet 2008: « C’est écrit avec passion et on apprend plein de choses ».

Vers l’avenir (Belgique): « C’est le siège de Tyr qui dura sept mois que raconte, sous forme romanesque, Alexandre Najjar en alternant le point de vue de la résistance par la voix d’une jeune fille courageuse et volontaire et celui du roi de Macédoine, blessé dans son orgueil de conquérant ».

Johanna Luyssen, La Vie, 10-16 juillet 2008: « L’enthousiasme de l’écrivain libanais Alexandre Najjar à raconter l’histoire de cette région chère à son cœur est communicatif : une fois le livre renfermé, on se prend à rêver très fort à Carthage, Byblos et Sidon ».

Sabah Zouein, As-Safir: « Une œuvre réussie que l’on prend plaisir à lire ».

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